Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/20

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Mime i. Tenant ainsi un congre d’argent, et de l’autre main mon couteau de cuisine à large lame, je reviens du port à notre maison. Celui-ci était pendu par les ouïes à l’étal d’une marchande aux cheveux luisants, parfumée d’huile marine. Avec dix drachmes, j’achetais ce matin le marché aux poissons : sauf le congre, il n’y avait que de petites limandes, des anguilles maigres et des sardines qu’on ne donnerait pas aux hoplites des remparts. Cependant je vais l’ouvrir ; il se tord comme la lanière d’un fouet de cuir ; puis je le tremperai dans la saumure et je promettrai la fourche aux enfants qui allument le feu.

– Apportez le charbon ! soufflez sur la braise : elle est de peuplier ; ses étincelles ne vous don-