Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/21

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neront pas la chassie. Voyez, votre tête est vide comme la vessie gonflée de ce congre : le mettrai-je à terre ? Donnez-moi une claie. Allez aux corbeaux ! Cette sauge ne vaut rien, Glaucon : j’en ferai emplir ta bouche, quand tu seras en croix. Puissiez-vous tous éclater comme des ventres de truie bourrés de farine grasse ! Les anneaux ! les crochets ! Et toi, bien que tu lèches les mortiers jusqu’au fond, tu as encore laissé de l’ail broyé d’hier ! Que le pilon t’étouffe et t’empêche de répondre !

Ce congre aura la chair douce. Il sera mangé par des convives délicats : Aristippe, qui vient couronné de roses, Hylas, dont les sandales même sont teintes de poudre rouge, et mon maître Parnéios aux agrafes d’or repoussé. Je sais qu’ils frapperont dans leurs mains en le goûtant, et ils me permettront de rester, appuyé contre la porte, pour voir les jambes souples des danseuses et des citharistes.