Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/274

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DE SA FUITE

Il y avait un enfant qui avait eu coutume de jouer avec Monelle. C’était au temps ancien, quand Monelle n’était pas encore partie. Toutes les heures du jour, il les passait auprès d’elle, regardant trembler ses yeux. Elle riait sans cause et il riait sans cause. Quand elle dormait, ses lèvres entr’ouvertes étaient en travail de bonnes paroles. Quand elle s’éveillait, elle se souriait, sachant qu’il allait venir.

Ce n’était pas un véritable jeu qu’on jouait : car Monelle était obligée de travailler. Si petite, elle restait assise tout le jour derrière une vieille vitre pleine de poussière. La muraille d’en face était aveuglée de ciment, sous la triste lumière du nord. Mais les petits doigts de