Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/28

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Mime iv. Auberge, pleine de punaises, le poète mordu jusqu’au sang te salue. Ce n’est pas pour te remercier de l’avoir abrité une nuit, au bord d’un chemin obscur ; la route est boueuse comme celle qui mène chez Hadès – mais tes grabats sont cassés, tes lumières fumeuses ; ton huile est rance, ta galette moisie, et, depuis l’automne dernier, il y a des petits vers blancs dans tes noix vides. Mais le poète est reconnaissant aux vendeurs de porcs qui venaient de Mégare à Athènes, et dont les hoquets l’empêchèrent de dormir (tes cloisons, auberge, sont minces), et il rend grâce aussi à tes punaises, qui le tinrent éveillé en le rongeant tout le long du corps, tandis qu’elles avançaient par bandes pressées sur les sangles.