Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/288

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DE SON ROYAUME

Je lisais cette nuit-là, et mon doigt suivait les lignes et les mots ; mes pensées étaient ailleurs. Et autour de moi tombait une pluie noire, oblique et acérée. Et le feu de ma lampe éclairait les cendres froides de l’âtre. Et ma bouche était pleine d’un goût de souillure et de scandale ; car le monde me semblait obscur et mes lumières étaient éteintes. Et trois fois je m’écriai :

— Je voudrais tant d’eau bourbeuse pour étancher ma soif d’infamie.

« O je suis avec le scandaleux : tendez vos doigts vers moi !

« Il faut les frapper de boue, car ils ne me méprisent point.

« Et les sept verres pleins de sang m’atten-