Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/38

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dont les pieds lumineux sont chaussés de sandales d’or. Il secoue une torche de pin et les cheveux vermeils s’éparpillent dans la nuit. Ses lèvres sont entr’ouvertes comme un fruit qui bâille. Il éternue sur la gauche et le métal sonne à ses pieds. Je sais qu’il partira d’un bond.

Io ! Voici venir le voile jaune de la vierge ! Ses femmes la soutiennent sous les bras. Eloignez les torches ! Le lit des noces l’attend, et je la guiderai vers la molle lueur des tissus de pourpre. Io ! Plongez dans l’huile odorante la mèche de la lampe. Elle crépite et meurt. Eteignez les torches ! O ma fiancée, je te soulève contre ma poitrine : que tes pieds ne frôlent pas les roses du seuil.