Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/55

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Mime xv*. Celle que tu vois ici desséchée se nommait Sismé, fille de Thratta. Elle connut d’abord les abeilles et les brebis ; puis elle goûta le sel de la mer ; enfin, un marchand la mena dans les maisons blanches de Syrie. Maintenant elle est serrée comme une statuette précieuse dans sa gaîne de pierre. Compte les anneaux qui brillent à ses doigts : elle eut autant d’années. Regarde le bandeau qui étreint son front : là elle reçut timidement son premier baiser d’amour. Touche l’étoile de rubis pâles qui dort où furent ses seins : là reposa une tête chère. Près de Sismé on a mis son miroir terni, ses osselets d’argent, et les grandes épingles d’électron qui traversaient ses cheveux ; car, au bout de vingt années (il y a