Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/62

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Mime xviii. Le Miroir parle :
J’ai été façonné d’argent par un ouvrier habile. D’abord je fus creux comme sa main, et mon autre face était semblable au globe d’un œil terne. Mais ensuite je reçus l’incurvation propre à rendre les images. Enfin Athéné a soufflé la sagesse en moi. Je n’ignore pas ce que désire la jeune fille qui me tient, et je lui réponds d’avance qu’elle est jolie. Cependant elle se lève la nuit, et allume sa lampe de bronze. Elle dirige vers moi l’aigrette dorée de la flamme, et son cœur veut un autre visage que le sien. Je lui montre son propre front blanc, et ses joues modelées, et la naissance gonflée de ses seins, et ses yeux pleins de curiosité. Elle me touche presque de ses lèvres tremblan-