Page:Scribe - Théâtre, 6.djvu/315

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


GAVESTON.

Adieu donc, bonne nuit, et surtout bonne chance ; mais si vous voyez la dame blanche d’Avenel, dites-lui bien de ma part… (Apercevant Marguerite, qui depuis le commencement de la scène regarde attentivement Georges.) Eh bien ! qu’as-tu donc depuis une heure à regarder ainsi monsieur ?

MARGUERITE.

Rien ; mais ça m’a l’air d’un brave jeune homme, et je ne sais pas pourquoi j’ai du plaisir à le voir.

GAVESTON.

Allons, allons, rentrons, il est tard.

MARGUERITE, montrant à Georges la lampe qu’elle tient à sa main.

Voulez-vous que je vous laisse… ?

GEORGES.

Non, non, les revenans n’aiment pas les lumières, ça leur fait peur. A demain, mon cher hôte, soyez sûr que je vous donnerai des nouvelles, fussent-elles de l’autre monde.

(Gaveston et Marguerite sortent par le fond, et l’ou entend fermer les portes.)


Scène VI.

GEORGES, seul.


(Il fait nuit totale. Pendant la ritournelle de l’air suivant, Georges va rallumer le feu qui s’éteint, pose ses deux pistolets sur la table, etc.)

CAVATINE.
Viens, gentille dame,
Ici, je réclame
La foi des sermens.
A tes lois fidèle,
Me voici, ma belle,
Parais, je t’attends.