Page:Scudéry - Artamène ou le Grand Cyrus, quatrième partie, 1654.djvu/453

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la confidence que je vous fis l’autre jour de ma foibleſſe, que je ſuis reſoluë à ne vous en dire jamais davantage que ce que je vous en ay dit : & je ne sçache preſque rien que je ne fiſſe, pluſtost que vous deſcouvrir qui eſt la Perſonne que j’aime. Cleonice qui depuis un moment mourroit d’envie de sçavoir s’il eſtoit poſſible que Ligdamis fuſt amoureux d’Artelinde, ſe mit à la preſſer de luy dire qui c’eſtoit, mais ce fut inutilement : de ſorte que n’en pouvant venir à bout, & l’impatience de lire la Lettre qu’elle avoit priſe la preſſant trop, elle fit ſa viſite fort courte, & s’en retourna chez elle. Elle n’y fut pas ſi toſt, qu’allant droit à ſa Chambre, ſans entrer à celle de ſa Mere où il y avoit beaucoup de monde ; elle ouvrit cette Lettre, & y leut ces paroles.


LIGDAMIS A LA BELLE ARTELINDE

J’Advouë que vous eſtes la plus admirable Perſonne de la Terre : continuez de grace ces aimables tromperies, qui font tant d’heureux & de malheureux tous les jours : & ne craignez pas que cela vous puiſſe deſtruire dans