Page:Serge - L’Ouvriérisme, paru dans L'Anarchie, 24 mars 1910.djvu/10

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ils n’arrivaient qu’à fonder des classes d’ouvriers avantagés, aussi conservateurs que les bourgeois tant honnis. Enfin, des trouble-fêtes sont venus dire qu’il ne suffisait pas, pour modifier le milieu, de grouper des abrutis, et que quand même ils seraient puissamment organisés ils ne pourraient rien créer qui fut au-dessus de leur mentalité…

Mais l’ouvriérisme n’a pas eu que les absurdités syndicalistes pour conséquence. Dans certains groupes il a suscité des outrances plus ridicules encore. Jean Marestan a jadis souligné dans les colonnes de l’anarchie, les préjugés sottement anti-bourgeois de quelques camarades qui en arrivaient à considérer comme un signe d’orthodoxie anarchiste, d’avoir les mains grosses, durcies, noirâtres, d’être vêtu de velours poussiéreux et de s’exprimer en termes d’une vulgarité choisie, — en un mot d’avoir l’attitude prolétarienne.