Page:Servières - Tannhæuser à l’Opéra en 1861, 1895.djvu/21

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des Débats. Les touristes de Bade avaient pu le voir jouer sur les petites scènes allemandes ; les journalistes présents, dans l’été de 1837, à la représentation de Wiesbaden, l’avaient analysé longuement [1]. On connaissait l’ouverture avant les auditions du Théâtre-Italien, pour l’avoir entendue à la Société Sainte-Cécile ou au concert de Paris. Le style musical de cette œuvre ne s’écartant pas notablement des formes consacrées de l’opéra français, Wagner pouvait croire qu’elle serait favorablement accueillie [2]. Il comptait sans le caractère mythique du sujet, dont la donnée parut aux Parisiens ridicule et puérile, et sans la légende de la musique de l’avenir, qu’il avait essayé de combattre dans sa réponse à Berlioz, et que toute la presse devait ressusciter après la publication de la lettre à F. Villot. Ces deux causes ont largement contribué à l’insuccès de Tannhæuser.

L’adaptation du poème avait tout d’abord

  1. Th. Gautier et M. Ernest Reyer avaient rendu compte de cette représentation, l’un dans le Moniteur du 29 septembre, l’autre dans le Courrier de Paris du 30 septembre 1857.
  2. Déjà, dans sa relation des fêtes de Weimar en 1850, Gérard de Nerval écrivait : « Ce dernier opéra (Tannhæuser) a paru un essai moins heureux de l’idée qu’il poursuit de l’alliance intime de la poésie et de la musique. »