Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/110

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ton esprit pas encore assez de pénétration — ni d’expérience, pour que tu t’insinues ainsi près de celle qui m’a agréé — et pourrait bien, d’après tout ce que je sais, avoir de l’inclination pour moi.


CHIRON.

— Démétrius, tu es outrecuidant en tout, — et surtout dans ta prétention de m’intimider avec des bravades. — Ce n’est pas la différence d’une année ou deux — qui peut me rendre moins agréable, et te rendre plus fortuné. — Je suis aussi apte, aussi habile que toi — à servir une maîtresse, et en mériter les grâces ; — cela, mon épée te le prouvera — en soutenant les droits de ma passion à l’amour de Lavinia.


AARON.

— À la garde ! à la garde ! ces amoureux-là ne veulent pas se tenir en paix.


DÉMÉTRIUS.

— Allons, enfant, parce que notre mère, par inadvertance, — vous a mis au côté une épée de bal, — êtes-vous désespéré au point de menacer vos parents ? — Allons ! faites coller votre latte dans son fourreau, — jusqu’à ce que vous sachiez mieux la manier.


CHIRON.

— En attendant, messire, avec le peu de talent que j’ai, — tu vas connaître tout ce que j’ose.


DÉMÉTRIUS.

— Oui-da, enfant, êtes-vous devenu si brave ?

Ils dégainent.

AARON.

Eh bien, eh bien, seigneurs ? — Si près du palais de l’empereur, vous osez dégainer, — et soutenir ouvertement une pareille querelle ! — Je sais parfaitement le motif de toute cette animosité ; — je ne voudrais pas pour un million d’or — que la cause en fût connue de ceux qu’elle in-