Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/109

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SCÈNE II

[Devant le palais impérial.]
Entre Aaron.

AARON.

— Maintenant Tamora monte au sommet de l’Olympe, — hors de la portée des traits de la fortune, et trône, — à l’abri des craquements du tonnerre et des feux de l’éclair, — au-dessus des atteintes menaçantes de la pâle envie. — Tel que le soleil d’or, quand, saluant la matinée, — et dorant l’Océan de ses rayons, — il galope sur le zodiaque dans son char splendide, — et domine les plus hautes montagnes, — telle est Tamora. — À son génie tous les honneurs terrestres font cortège, — et la vertu se courbe et tremble à son sourcillement. — Donc, Aaron, arme ton cœur, et dispose tes pensées — pour t’élever avec ton impériale maîtresse, — et t’élever à sa hauteur ; longtemps tu l’as traînée en triomphe — prisonnière, enchaînée dans les liens de l’amour, — et plus étroitement attachée aux regards charmants d’Aaron — que Prométhée au Caucase. — Loin de moi les vêtements d’esclaves et les serviles pensées ! — Je veux être magnifique et resplendir de perles et d’or, — pour servir cette impératrice de nouvelle date… — Pour servir, ai-je dit ! Pour folâtrer avec cette reine, — cette déesse, cette Sémiramis, cette nymphe, — cette sirène qui va charmer la Rome de Saturninus, — et assister au naufrage de l’empereur et de l’empire. — Eh bien ! Quel est cet orage ?

Entrent Chiron et Démétrius, se bravant.

DÉMÉTRIUS.

— Chiron, ta jeunesse n’a pas encore assez d’esprit,