Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/144

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MARCUS.

— Pardonnez-moi, seigneur ; c’était un vilain moucheron noir — qui ressemblait au More de l’impératrice ; voilà pourquoi je l’ai tué.


TITUS.

Oh ! oh ! oh ! — Alors pardonne-moi de t’avoir blâmé, — car tu as fait un acte charitable. — Donne-moi ton couteau, je veux l’outrager, — en m’imaginant que c’est le More — venu ici exprès pour m’empoisonner… — Tiens, voilà pour toi, et voilà pour Tamora ! — Ah ! coquin !… — Pourtant je ne nous crois pas à ce point déchus — qu’il faille nous mettre à deux pour tuer un moucheron, — qui nous rappelle ce More noir comme le charbon !


MARCUS, à part.

— Hélas ! le pauvre homme ! la douleur a tellement agi sur lui — qu’il prend de vaines ombres pour des objets réels.


TITUS.

— Allons ! qu’on desserve ! Lavinia, viens avec moi ; — je vais dans mon cabinet lire avec toi — les tristes histoires arrivées au temps jadis… — Viens, enfant, viens avec moi ; ta vue est jeune, — et tu liras, quand la mienne commencera à se troubler.

Ils sortent.

SCÈNE VII

[Devant la maison de Titus.]
Entrent Titus et Marcus ; puis le jeune Lucius, après lequel court Lavinia ; l’enfant fuit, ayant sous le bras ses livres qu’il laisse tomber à terre.

LE JEUNE LUCIUS.

— Au secours, grand-père, au secours ! ma tante Lavinia — me suit partout, je ne sais pourquoi. — Bon oncle Mar-