Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/149

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je vais me procurer une feuille d’airain, — et avec une pointe d’acier j’y inscrirai ces mots-là, — pour les tenir en réserve.

Il montre les mots que vient d’écrire Lavinia.

Un vent du nord violent — va disperser ces sables, comme les feuilles de la sibylle, — et où sera votre leçon alors ?… Enfant, que dis-tu ?


LE JEUNE LUCIUS.

— Je dis, monseigneur, que, si j’étais homme, — la chambre à coucher de leur mère ne serait pas sûre — pour ces traîtres asservis au joug de Rome.


MARCUS.

— Oui, voilà bien un digne enfant ! ton père a souvent — agi avec ce dévouement pour son ingrate patrie.


LE JEUNE LUCIUS.

— Eh bien, mon oncle, j’agirai ainsi, si je vis.


TITUS.

— Allons, viens avec moi dans ma salle d’armes ; — Lucius, je vais t’équiper ; et ensuite, mon enfant, — tu porteras de ma part aux fils de l’impératrice — les présents que j’ai l’intention de leur envoyer à tous deux ; — viens, viens ; tu rempliras ton message, n’est-ce pas ?


LE JEUNE LUCIUS.

— Oui, avec mon poignard dans leurs poitrines, grand-père.


TITUS.

— Non, enfant, non ; je t’enseignerai un autre moyen. — Lavinia, viens… Toi, Marcus, veille sur ma maison ; — Lucius et moi, nous allons faire merveille à la cour ; — oui, morbleu, seigneur ; et nous aurons un cortège.

Sortent Titus, Lavinia et le jeune Lucius.

MARCUS.

— Ô ciel, peux-tu entendre un bon homme gémir, — et ne pas t’attendrir, et ne pas avoir pitié de lui ? — Va, Mar-