Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/151

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nal — afin d’en gratifier votre honorable jeunesse, — l’espoir de Rome ; c’est, en effet, ce qu’il m’a commandé de dire ; — et je le dis, et je présente ces dons — à vos seigneuries afin que, quand il en sera besoin, — vous soyez bien armés et bien équipés, — et sur ce je vous laisse tous deux…

À part.

Sanguinaires scélérats !

Sortent le jeune Lucius et le serviteur.

DÉMÉTRIUS.

— Qu’y a-t-il là ? Un écriteau ! enroulé tout autour ! — Lisons :

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CHIRON.

— Oh ! c’est un vers d’Horace ; je le reconnais bien ; — je l’ai lu dans la grammaire, il y a longtemps.


AARON.

— Oui, justement, un vers d’Horace ! Vous y êtes parfaitement.

À part.

— Ah ! ce que c’est que d’être un âne ! — Ceci n’est pas une pure plaisanterie ! Le bonhomme a découvert leur crime ; — et il leur envoie des armes, enveloppées de vers, — qui les blessent au vif, à leur insu. — Mais, si notre sagace impératrice était sur pied, — elle applaudirait à la pensée d’Andronicus. — Mais laissons-la reposer quelque temps encore sur son lit d’insomnie.

Haut.

— Eh bien, jeunes seigneurs, n’est-ce pas une heureuse étoile — qui nous a conduits à Rome, nous, étrangers, et qui plus est, — captifs, pour y être élevés à cette grandeur suprême. — J’ai eu plaisir, devant la porte du palais, — à braver le tribun à l’oreille même de son frère !


DÉMÉTRIUS.

— Et moi, plus de plaisir encore à voir un si grand sei-