Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/167

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oreille serait sourde, — que cœur et oreille obéiraient encore à ma parole.

À Æmilius.

— Toi, va en avant, et sois notre ambassadeur ; — va dire que l’empereur demande une conférence — au belliqueux Lucius et lui désigne un rendez-vous — dans la maison même de son père, le vieil Andronicus.


SATURNINUS.

— Æmilius, remplis honorablement ce message ; — et, s’il tient, pour sa sûreté, à avoir des otages, — dis-lui de demander tous les gages qu’il voudra.


ÆMILIUS.

— Je vais exécuter activement vos ordres.

Il sort.

TAMORA.

— Maintenant, je vais trouver ce vieil Andronicus, — et l’amener, avec tout l’art que je possède, — à arracher aux Goths belliqueux le fier Lucius. — Et maintenant, cher empereur, reprends ta sérénité, — et ensevelis toutes tes craintes dans mes artifices.


SATURNINUS.

— Va donc, et puisses-tu réussir à le persuader !

Ils sortent.

SCÈNE XI

[Une route près de Rome.]
Fanfare. Entrent Lucius et les Goths, tambour battant, enseignes déployées.

LUCIUS.

— Guerriers éprouvés, mes fidèles amis, — j’ai reçu de la grande Rome des lettres — qui prouvent quelle haine y inspire l’empereur — et combien on y est désireux de notre présence. — Ainsi, nobles seigneurs, soyez impérieux, —