Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/17

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nouveau point de départ. Il semble qu’entre Richard II et Henry V, les éditeurs avaient d’abord inséré une pièce occupant vingt-deux pages (entre la page 45 et la page 69), et qu’ensuite ils se sont ravisés et ont éliminé cette pièce pour la remplacer par les deux parties de Henry IV. Dans la division des Tragédies, la pagination offre une subite lacune entre Timon d’Athènes et Jules César : la page 98 est immédiatement suivie de la page 109. On serait tenté de croire que l’intervalle resté vide était primitivement réservé pour une très-courte pièce, ayant, par exemple, les dimensions d’un petit drame attribué avec grande vraisemblance à Shakespeare, Une Tragédie dans l’Yorkshire. Mais une négligence inexplicable a pu seule causer cette folle erreur de la pagination qui suspend Hamlet à la page 156, et le transporte, après un bond de cent pages, à la page 257. Le même désordre bizarre se retrouve dans la classification des pièces, entassées au hasard les unes sur les autres. La Tempête, une des dernières pièces de Shakespeare, précède les Deux gentilshommes de Vérone, une des premières. Mesure pour Mesure prend le pas sur la Comédie des Erreurs, son aînée de dix ans au moins. Jules César est séparé par quatre ouvrages du drame qui le complète, Antoine et Cléopâtre. Les pièces, déjà si mal classées, ne sont guère mieux divisées. Les éditeurs, ayant décidé de leur autorité privée que le libre théâtre de Shakespeare serait soumis à la classique division en cinq actes, ne prennent pas la peine d’accomplir régulièrement la réforme jugée par eux nécessaire. En tête d’Antoine et Cléopâtre, ils écrivent savamment actus primus, scœna prima, mais ils omettent d’indiquer dans le reste de la pièce les actes et les scènes. Ils font la même omission dans Troylus et Cressida. En revanche dans Coriolan, dans le Songe d’une Nuit d’été, ils s’abstiennent de marquer les scènes, bien qu’ils signalent les actes.