Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/177

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Entre Titus.

TITUS.

— J’ai vécu longtemps isolé, et cela à cause de toi. — Sois la bienvenue, redoutable furie, dans ma malheureuse maison ! — Viol et Meurtre, vous êtes aussi les bienvenus… — Comme vous ressemblez à l’impératrice et à ses fils ! — Vous seriez au complet, si seulement vous aviez un More. — Est-ce que tout l’enfer n’a pas pu vous fournir un pareil démon ? — Car je sais bien que l’impératrice ne bouge pas — sans être accompagnée d’un More ; — et, pour représenter parfaitement notre reine, — il vous faudrait un démon pareil. — Mais soyez les bienvenus, tels que vous êtes. Qu’allons-nous faire ?


TAMORA.

— Que veux-tu que nous fassions, Andronicus ?


DÉMÉTRIUS.

— Montre-moi un meurtrier, je me charge de lui.


CHIRON.

— Montre-moi un scélérat qui ait commis un viol ; — je suis envoyé pour le châtier.


TAMORA.

— Montre-moi mille êtres qui t’aient fait du mal, — et je les châtierai tous.


TITUS.

— Regarde dans les maudites rues de Rome, — et, quand tu trouveras un homme semblable à toi, — bon Meurtre, poignarde-le ; c’est un meurtrier !… — Toi, va avec lui ; et quand par hasard — tu en trouveras un autre qui te ressemble, — bon Viol, poignarde-le ; c’est un ravisseur !… — Toi, va avec eux ; à la cour de l’empereur, — il y a une reine, accompagnée d’un More ; — tu pourras la reconnaître aisément à ta propre image, — car elle te ressemble des pieds à la tête ; — je t’en prie, inflige-leur quelque mort