Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/189

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LUCIUS.

— Qu’on l’enfonce jusqu’à la poitrine dans la terre, et qu’on l’affame ; — qu’il reste là, réclamant avec rage des aliments ; — quiconque le secourra ou aura pitié de lui, — mourra pour cette seule offense. Voilà notre arrêt ; — que quelques-uns demeurent pour veiller à ce qu’il soit enfoui dans la terre.


AARON

— Oh ! pourquoi la colère est-elle silencieuse, et la furie muette ? — Je ne suis pas un enfant, moi, pour avoir recours à de basses prières — et me repentir des méfaits que j’ai commis. — J’en commettrais dix mille, pires encore, — si je pouvais agir à ma volonté ; — si dans toute ma vie j’ai fait une bonne action, — je m’en repens du fond de l’âme.


LUCIUS.

— Que quelques amis dévoués emportent d’ici l’empereur, — et lui donnent la sépulture dans le tombeau de son père. — Mon père et Lavinia vont être sur-le-champ — déposés dans le monument de notre famille. — Pour cette odieuse tigresse, Tamora, — pas de rite funèbre, pas une créature en deuil, — pas une cloche mortuaire sonnant à son enterrement ; — mais qu’on la jette aux bêtes féroces et aux oiseaux de proie ! — Elle a vécu comme une bête féroce, sans pitié ; — morte, elle ne trouvera pas de pitié. — Veillez à ce qu’il soit fait justice d’Aaron, ce More maudit, — qui a été l’auteur de nos maux accablants (11) ; — ensuite nous rétablirons l’ordre dans l’État, — pour empêcher que des événements pareils n’amènent un jour sa ruine.

Ils sortent.
FIN DE TITUS ANDRONICUS.