Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/193

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SCÈNE I

[Un vestibule.]
Entrent Olivier et Ralph.

OLIVIER.

Ah ! mon brave Ralph, dans quelle pitoyable agitation est ma jeune maîtresse, à cause de l’absence prolongée de son bien-aimé !


RALPH.

Eh bien ! peux-tu l’en blâmer ? C’est parce qu’on laisse pendre à l’arbre les pommes déjà mûres qu’on en voit tant qui tombent : autrement dit, c’est parce que les filles affolées ne sont pas recueillies à temps qu’elles hâtent elles-mêmes leur chute, et alors, tu sais, il arrive communément que le premier venu les ramasse.


OLIVIER.

Par la messe ! tu dis vrai : c’est chose fort commune. Mais, drôle, est-ce que ni notre jeune maître ni notre camarade Sam ne sont revenus de Londres ?


RALPH.

De l’un et de l’autre, ni l’un ni l’autre, comme dit la maquerelle puritaine. Mais si ! j’entends Sam… Sam est revenu ! Le voici ! Attends… C’est bien lui ; je sens déjà les nouvelles qui me démangent le nez.