Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/231

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Oreille d’ours toute dressée dès le berceau,
Soucis épanouis sur les lits de mort,
Sveltes pieds d’alouettes ;

Vous tous, enfants suaves de la chère nature,
Étendez-vous aux pieds des fiancés,
En ravissant leurs sens !
Le cortège jette des fleurs.
Que pas un ange de l’azur,
Oiseau mélodieux ou bel oiseau,
Ne soit absent d’ici !

Que la corneille, le coucou médisant,
Le corbeau prophétique, la chouette grise,
La pie babillarde,
Ne viennent pas se percher ni chanter sur notre maison nuptiale,
En apportant avec eux quelque discorde,
Mais s’envolent loin d’ici.


Entrent trois reines, en noir, voiles souillés, couronnes impériales. La première reine se prosterne aux pieds de Thésée ; la seconde aux pieds d’Hippolyte ; la troisième devant Émilie.

PREMIÈRE REINE, à Thésée.

— Au nom de la pitié et de la vraie noblesse, — écoutez-moi, exaucez-moi.


SECONDE REINE, à Hippolyte.

Au nom de votre mère, — et si vous désirez que de vos entrailles fécondes naisse une belle famille, — écoutez-moi, exaucez-moi.


TROISIÈME REINE, à Émilie.

— Pour l’amour de celui que Jupiter a prédestiné — à l’honneur de votre lit, au nom — de la virginité pure, plaidez pour nous — et pour nos détresses. Cette bonne action — effacera du livre des fautes — toutes celles pour lesquelles vous y êtes inscrite.


THÉSÉE.

Triste dame, levez-vous.