Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/237

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peut-il, — comme le jugement exempt d’angoisses, choisir le moment le plus propice — pour ses plus pressantes sollicitations ?


THÉSÉE.

Ah ! nobles dames, — l’entreprise que je vais tenter en ce moment est pour moi plus considérable — qu’aucune guerre : elle m’importe plus que toutes les actions dont je me suis tiré — ou que j’ai à affronter dans l’avenir.


PREMIÈRE REINE.

C’est proclamer plus haut encore — que notre cause sera abandonnée.

Montrant Hippolyte.

Quand ses bras, — capables d’enchaîner Jupiter loin du synode des dieux, t’enlaceront — à la clarté tutélaire de la lune, oh ! quand — les cerises jumelles de sa bouche laisseront tomber leur doux suc — sur tes lèvres enivrées, penseras-tu alors — à des rois qui pourrissent ou à des reines qui sanglotent ? Quel souci — auras-tu de ce que tu ne sentiras plus, quand ce que tu sentiras serait capable — de faire rejeter par Mars son tambour ? Oh ! si tu couches — une seule nuit avec elle, chaque heure de cette nuit-là — te retiendra en otage pour cent autres, et — tu n’auras plus de mémoire que pour les délices — auxquelles te convie ce banquet.


HIPPDLYTE, s’agenouillant, à Thésée.

Bien qu’il soit peu probable que — vous éprouviez de tels transports, vous serez peut-être contrarié — que j’appuie une pareille requête ; mais je crois — que, si, par une abstention de mon bonheur, — (abstention qui ne fait que rendre les désirs plus profonds), je ne soulageais pas d’excessives souffrances — qui réclament un remède immédiat, j’attirerais sur moi — la réprobation de toutes les femmes. Aussi, seigneur, — ferai-je ici l’essai de mes prières, — présumant bien qu’elles auront quelque force, — sinon, ré-