Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/264

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PALÉMON.

Oh ! si seulement, si seulement — nous avions, toi, perñde, et moi, ton ami, cette chance — d’avoir une heure de liberté pour brandir — dans nos mains nos bonnes épées, je t’apprendrais vite — ce que c’est que de voler l’affection d’un autre ! — Tu es plus vil en cela qu’un filou ! — Mets seulement la tête une fois encore à cette fenêtre, — et, sur mon âme, j’y clouerai ta vie.


ARCITE.

— Tu ne l’oserais pas, fou ; tu ne le pourrais pas ; tu es faible. — Mettre ma tête à cette fenêtre ! J’y ferai passer tout mon corps, — et je sauterai dans le jardin, la première fois que je la verrai, — et je tomberai dans ses bras pour t’exaspérer.

Entre le geôlier.

PALÉMON.

— Assez ! le gardien arrive ; je vivrai assez — pour te faire sauter la cervelle avec mes chaînes.


ARCITE.

— Fais-le !


LE GEÔLIER.

Avec votre permission, messieurs…


PALÉMON.

Eh bien, honnête gardien ?


LE GEÔLIER.

— Seigneur Arcite, vous devez vous rendre sur-le-champ près du duc. — Pourquoi ? je ne le sais pas encore.


ARCITE.

Je suis prêt, gardien.


LE GEÔLIER.

— Prince Palémon, je dois pour quelque temps vous enlever — la compagnie de votre beau cousin.

Il sort avec Arcite.