Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/284

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fermé les yeux, — excepté pour chasser la saumure de mes paupières. Hélas !… dissous-toi, ma vie ! — ne laisse pas ma raison se troubler, — de peur que je ne me noie, — que je ne me poignarde, que je ne me pende ! — Ô existence, écroule-toi toute en moi, — puisque les meilleurs appuis ont été emportés !… Maintenant, quel chemin ?… — Le meilleur chemin est le chemin direct de la tombe ; — chaque pas qui m’en distrait est un tourment… Tenez, — la lune est couchée, les grilions crient, le chat-huant — annonce l’aube ! Chacun a fait son office, — excepté moi qui ai échoué ; mais toute la question, — c’est d’en finir.

Elle sort.

SCÈNE III

[Le hallier.]
Entre Arcite avec des aliments, du vin et des limes.

ARCITE.

— Je dois être près de l’endroit… Holà ! cousin Palémon !

Paraît Palémon.

PALÉMON.

Arcite ?


ARCITE.

— Lui-même. Je vous ai apporté de la nourriture et des limes. — Avancez, et ne craignez rien. Il n’y a pas de Thésée ici.


PALÉMON.

— Non, nul d’aussi honnête, Arcite.


ARCITE.

Ce n’est pas la question : — nous argumenterons là-