Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/287

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PALÉMON.

Elle le rencontra sous une treille… — Et que fit-elle là, cousin ? Elle y joua du virginal ?


ARCITE.

— Elle y fit certes quelque chose, monsieur.


PALÉMON.

Qui la rendit dolente un mois, — ou deux, ou trois, ou dix.


ARCITE.

La sœur du majordome — eut aussi se part, si je m’en souviens bien, cousin ; — autrement il y aurait eu bien des fables en circulation. Vous allez boire à sa santé ?


PALÉMON.

Oui.


ARCITE.

— C’est une bien jolie brune ! Il y avait un temps — où les jeunes gens allaient à la chasse, et il y avait un bois, — et il y avait un gros hêtre ; et là aboutit une histoire…

Soupirant.

— Hé ! bo !


PALÉMON.

Pour Émilie, sur ma vie !… Imbécile, — assez de cette gaîté forcée ! Je répète — que ce soupir a été poussé pour Émilie. Vil cousin, — oses-tu rompre le premier notre engagement ?


ARCITE.

Vous vous égarez.


PALÉMON.

Par le ciel et la terre, — il n’y a en toi rien d’honnête.


ARCITE.

Alors, je vous quitte ; — vous êtes une bête féroce, à présent.


PALÉMON.

Je suis tel que tu me fais, traître.