Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/289

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vent, ou vous perdez tout ! — Larguez une voile ou deux, et virez de bord, enfants ! — Bonsoir ! bonsoir ! vous voilà partis… J’ai bien faim ; — je voudrais trouver une belle grenouille ! elle me donnerait — des nouvelles de toutes les parties du monde ; alors je ferais — d’un coquillage une caraque, et je voguerais — par l’est et le nord-est jusque chez le roi des Pygmées ; — car il dit supérieurement la bonne aventure. Et mon père ! — Vingt contre un qu’il sera balancé en un tour de main — demain matin, je n’en dirai pas un mot.

Elle chante.

Car je couperaî ma cotte verte à un pied au-dessus du genou,
Et j’émonderai mes tresses blondes d’un pouce au-dessous de mon œil.
: : Hey, nonny, nonny, nonny.

Il m’achètera une verge blanche pour chevaucher
Et j’irai le chercher par le monde qui est si vaste.
: : Hey, nonny, nenny, nonny.

— Oh ! je voudrais avoir, comme le rossignol, une épine — où appuyer ma poitrine ! Autrement je vais ronfler comme une toupie.

Elle sort.

SCÈNE V

[Une clairière.]
Entrent Gerrold, quatre campagnards déguisés en danseurs moresques (un d’enx figurant le Bavien), cinq filles et un joueur de tambourin.

GERROLD.

Fi ! fi ! — quelle fastidiosité et quelle insanité — chez vous tous ! Me suis-je évertué si longtemps — à vous inculquer les rudiments, à vous les faire téter, — et, pour employer une figure, à vous prodiguer — la compote même