Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/303

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ces épreuves de la justice ! — Encore une fois, adieu, mon cousin !


PALÉMON.

Adieu, Arcite !

Ils se battent. Bruit de cor au loin. Ils s’arrêtent.

ARCITE.

— Tenez, cousin, tenez ! notre folie nous a perdus !


PALÉMON.

Pourquoi ?


ARCITE.

— Voici le duc, en chasse, comme je vous l’ai dit ; — si nous sommes découverts, malheur à nous ! Oh ! retirez vous, — au nom et pour le salut de l’honneur ; retournez vite — à votre buisson, monsieur ! Nous ne trouverons — que trop de moments pour mourir. Gentil cousin, — si l’on vous voit, vous périrez sur-le-champ — pour vous être évadé de prison ; et moi, pour mon insubordination, — si vous me dénoncez. Alors le monde entier nous méprisera — et dira que nous avions une noble querelle, — mais que nous l’avons dégradée.


PALÉMON.

Non, non, cousin ; — je ne veux plus me cacher, ni ajourner — cette grande aventure à une seconde épreuve. — Je connais votre ruse, et je connais vos motifs. — Que celui qui faiblira maintenant soit frappé d’ignominie… Mets-toi vite en garde…


ARCITE.

Vous n’êtes pas fou ?


PALÉMON.

— Sinon, je vais faire mon profit — de ce moment ; ce qui me menace dans l’avenir, — je le redoute moins que mon sort actuel. Sache, faible cousin, ~ que j’aime Émilie, et que j’ensevelirai dans cet amour — toi, et tous les obstacles !