Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/302

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par mon épée. — Une meurtrissure serait un déshonneur.


ARCITE.

Maintenant, je suis parfaitement.


PALÉMON.

— En garde donc !


ARCITE.

Prenez mon épée ; je la crois meilleure.


PALÉMON.

— Non, merci, gardez-la ; votre vie en dépend ; — en voici une ; pour peu qu’elle tienne bon, je n’en souhaite pas d’autre — à toutes mes espérances. Que ma cause et mon honneur me secondent !


ARCITE.

— Et moi, mon amour !

Ils saluent de différentes manières, puis s’avancent et s’arrêtent face à face.

Reste-t-il encore quelque chose à dire ?


PALÉMON.

— Ceci seulement, et rien de plus : Tu es le fils de ma tante ; — le sang que nous désirons verser nous est commun ; — ton sang est dans mes veines, et le mien dans les tiennes. Mon épée — est dans ma main, et, si tu me tues, — que les dieux te pardonnent, comme je le fais ! S’il y a — une place réservée à ceux qui s’endorment dans l’honneur, — je souhaite qu’elle soit acquise à l’âme fatiguée de celui qui va succomber. — Combats bravement, cousin. Donne-moi ta noble main !


ARCITE.

— Voici, Palémon !… Cette main ne se tendra plus — jamais vers toi avec une telle amitié.


PALÉMON.

Je t’approuve.


ARCITE.

— Si je succombe, maudis-moi, et dis que j’étais un couard. — Car il n’y a qu’un lâche pour oser mourir dans