Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/326

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PIRITHOÜS.

— Oh ! celui qui a ces taches de rousseur ?


LE MESSAGER.

Lui-même, monseigneur. — Ne sont-elles pas gracieuses ?


PIRITHOÜS.

Oui, elles sont bien.


LE MESSAGER.

Il me semble — qu’étant si peu nombreuses et si bien disposées, elles attestent — l’art exquis et grand de la nature. Il a les cheveux blonds, — non d’un blond efféminé, mais de cette nuance virile — voisine du châtain ; robuste et agile, — ce qui indique une âme active ; ses bras sont charnus, — doublés de muscles vigoureux ; vers l’épaule — ils se gonflent doucement, comme une femme qui vient de concevoir ; — ce qui montre qu’il est apte au travail et qu’il ne fléchit jamais — sous le poids des armes ; intrépide, calme, — mais, quand il s’émeut, un tigre ! Il a l’œil azuré, — ce qui implique la compassion après qu’il a vaincu ; habile — à apercevoir les avantages, et, dès qu’il les découvre, — prompt à en profiter ; il ne fait pas d’offense, — mais n’en accepte pas. Il a le visage ovale ; s’il sourit, — c’est un amant ; s’il fronce le sourcil, un guerrier. — Sur la tête il porte une triomphale couronne de chêne, — à laquelle sont fixées les faveurs de sa dame. — Son âge, environ trente-six ans. À la main — il porte un bâton de combat, rehaussé d’argent.


THÉSÉE.

— Sont-ils tous ainsi ?


PIRITHOÜS.

Ils sont tous les fils de l’honneur.


THÉSÉE.

— Ah ! sur mon âme, il me tarde de les voir !… — Madame, vous allez voir combattre des hommes.