Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/333

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PALÉMON.

Vous parlez bien. — Avant que je m’éloigne, laisse-moi t’embrasser, cousin ! — C’est pour la dernière fois.


ARCITE.

— Un adieu suprême !


PALÉMON.

Eh bien, soit, Adieu, cousin !


ARCITE.

Adieu, monsieur.

Sortent Palémon et ses chevaliers,

— Chevaliers, parents, amis, vous qui vous sacrifiez pour moi, — vrais adorateurs de Mars dont l’esprit — dissipe en vous les germes de la frayeur et l’appréhension même — qui en est la mère, présentez-vous avec moi — devant le dieu de notre profession. — Allons lui demander le cœur des lions, — le souffle des tigres, et leur furie, — et leur élan, pour aller en avant, veux-je dire ; — car, pour faire retraite, nous souhaiterions être des limaçons… Vous savez que la palme — doit être ramassée dans le sang. Il faut que la force et la prouesse — me confèrent la couronne à laquelle est attachée — la reine des fleurs ! Nos invocations — doivent donc être adressées à celui qui fait du champ de bataille une cuve — d’où déborde le sang humain ; secondez-moi, — et inclinez vos âmes vers lui.

Ils se prosternent devant la statue de Mars.

— Ô puissant, qui par ton pouvoir as changé — en pourpre le vert Neptune, toi dont l’approche — est annoncée par des comètes, toi dont les dévastations dans les plaines — sont proclamées par des crânes hors de terre, toi dont le souffle abat — la féconde moisson de Cérès, toi dont la main irrésistible — arrache du haut de la nue bleue — les donjons maçonnés, toi qui édifies et brises — les ceintures de pierre des cités, initie-moi, moi, ton élève, — moi, le plus jeune de ceux qui suivent ton tambour, — initie-moi à l’art