Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/341

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LA FILLE DU GEÔLIER.

— Comment le trouvez-vous ?


LE GEÔLIER.

C’est un très-beau cheval.


LA FILLE DU GEÔLIER.

— Vous ne l’avez jamais vu danser ?


LE GEÔLIER.

Non.


LA FILLE DU GEÔLIER.

Moi, je l’ai vu souvent ; — il danse très-bien, très-élégamment ; — et, pour une gigue, il peut défier toutes les queues longues et courtes ! — Il tourne comme une toupie.


LE GEÔLIER.

Ça doit être bien beau.


LA FILLE DU GEÔLIER.

— Il dansera la morisque en faisant vingt milles à l’heure ; — et il enfoncera le meilleur cheval de bois — de toute la paroisse, si je m’y connais bien ; — et il galope sur l’air de Léger amour. — Que pensez-vous de ce cheval ?


LE GEÔLIER.

Avec ces vertus-là, — je pense qu’on pourrait l’amener à jouer à la paume.


LA FILLE DU GEÔLIER.

— Bah ! ça ne serait rien.


LE GEÔLIER.

Sait-il lire et écrire ?


LA FILLE DU GEÔLIER.

— Il a une très-belle main ; et il dresse lui-même le compte — de son foin et de sa provende ; le palefrenier — qui voudrait l’attraper devrait se lever de bien bonne heure. Vous connaissez — la jument marron qu’a le duc ?


LE GEÔLIER.

Fort bien.