Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/343

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rons là — tout exprès quelque prêtre aveugle qui s’aventurera — à nous marier, car ici ils sont bêtement scrupuleux. — En outre, mon père doit être pendu demain, — et ça ferait tache à l’affaire. — N’êtes-vous pas Palémon ?


LE GALANT.

Est-ce que vous ne me reconnaissez pas ?


LA FILLE DU GEÔLIER.

— Si fait ; mais vous ne vous souciez pas de moi ! Je n’ai rien — que cette pauvre jupe et deux grosses chemises.


LE GALANT.

— N’importe ; je veux vous avoir.


LA FILLE DU GEÔLIER.

Voulez-vous ? bien sûr ?


LE GALANT.

— Oui, par cette loyale main ! je le veux.


LA FILLE DU GEÔLIER.

Alors nous irons au lit.


LE GALANT.

Quand vous voudrez.

Il l’embrasse.

LE GEÔLIER, au galant.

— Ah ! messire, vous êtes bien gourmand.


LE GALANT, à la fille du geôlier.

— Pourquoi essuyez-vous mon baiser ?


LA FILLE DU GEÔLIER.

C’est un baiser embaumé ; — il va me parfumer joliment pour la noce… — N’est-ce pas là votre cousin Arcite ?


LH DOCTEUR.

Oui, cher cœur ; — et je suis bien aise que mon cousin Palémon — ait fait un si bon choix.


LA FILLE DU GEÔLIER.

Croyez-vous qu’il voudra de moi ?