Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/344

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LE DOCTEUR.

— Oui, sans doute.


LA FILLE DU GEÔLIER, au geôlier.

Et vous, le croyez-vous aussi ?


LE GEÔLIER.

Oui.


LA FILLE DU GEÔLIER.

— Nous aurons beaucoup d’enfants. Seigneur ! comme vous avez engraissé ! — Mon Palémon va engraisser aussi, j’espère, et joliment, — maintenant qu’il est en liberté. Hélas ! pauvre poulet, — on l’a bien fait pâlir avec la maigre chère et le mauvais logement, — mais je le rétablirai à force de baisers.

Entre un messager.

LE MESSAGER.

Que faites-vous ici ? — Vous allez perdre le plus noble spectacle qu’on ait jamais vu.


LE GEÔLIER.

— Sont-ils dans le champ-clos ?


LE MESSAGER.

Oui. — Vous remplissez une charge là aussi.


LE GEÔLIER.

J’y vais de ce pas… — Il faut que je vous laisse ici.


LE DOCTEUR.

Non, nous irons avec vous. — Je ne veux pas manquer cette joute.


LE GEÔLIER, montrant sa fille au docteur.

Comment l’avez-vous trouvée ?


LE DOCTEUR.

— Je vous garantis que dans trois ou quatre jours — je l’aurai rétablie.

Au galant.

Vous, vous ne devez pas la quitter ; — entretenez-la toujours dans ce sens-là.