Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/352

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HIPPOLYTE.

Ô malheur infini ! — Ces quatre beaux yeux ne devaient-ils se fixer sur un seul objet — que pour qu’il y en eût deux d’aveuglés !


THÉSÉE.

Il en doit être ainsi.

Ils sortent.

SCÈNE IV

[La place de l’exécution. Un billot préparé]
Entrent Palémon et ses chevaliers garrottés, le geôlier, le bourreau et des gardes.

PALÉMON.

— Il y a bien des hommes vivants qui ont survécu — à l’amour de leurs contemporains ; bien des pères — en sont là au milieu de leurs enfants. Nous trouvons — quelque consolation dans cette réflexion. Nous expirons, nous, — mais non sans la pitié des hommes ; ils souhaiteraient de tout cœur — que la vie nous fût laissée ; nous prévenons — la misère révulsive de la vieillesse, nous esquivons — la goutte et les cathares qui, dans les derniers jours, s’attachent — aux traînards grisonnants ; nous allons vers les dieux, — jeunes, droits, sans trébucher sous le poids — de maints vieux crimes ; assurément les dieux — nous admettront d’autant plus volontiers à goûter avec eux le nectar, — que nous sommes des âmes plus pures. Mes chers parents, — vous dont l’existence est ainsi sacrifiée pour cet unique espoir, — vous ne l’aurez certes pas vendue assez cher.


PREMIER CHEVALIER.

Quelle fin pourrait être — plus satisfaisante ? Les vainqueurs — ont sur nous la supériorité de la fortune, faveur