Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/356

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pour être englouti — par la prochaine lame. Il désire beaucoup échanger avec vous quelques mots. Tenez, le voici !

Entrent Thésée, Hippolyte, Émilie, Arcite, porté dans une chaise.

PALÉMON.

— Ô misérable fin de notre alliance ! — Les dieux sont puissant !… Arcite, si ton cœur, — ton noble et vaillant cœur n’est pas encore brisé, — donne-moi tes dernières paroles ! Je suis Palémon, — Palémon qui t’aime encore à ton agonie.


ARCITE.

Prends Émilie — et avec elle toutes les joies du monde. Tends-moi la main ; — adieu ! J’ai compté ma dernière heure. J’ai été infidèle, — mais jamais traître. Pardonne-moi, cousin ! — Un baiser de la belle Émilie !

Il l’embrasse.

C’est fait. — Prends-la, je meurs.

Il expire.

PALÉMON.

Que ta belle âme aille vers l’Élysée !


ÉMILIE.

— Je vais fermer tes yeux, prince ; que les âmes bienheureuses soient avec toi ! — Tu fus un homme accompli ; et, tant que je vivrai, — je consacrerai ce jour à te pleurer.


PALÉMON.

Et moi à t’honorer.


THÉSÉE.

— C’est en ces lieux que vous avez combattu pour la première fois ; c’est ici même — que je vous ai séparés. Rendons grâces — aux dieux de ce que vous vivez.

Montrant Arcite.

— Il a joué son rôle, et, bien que trop court, — il l’a bien rempli. Votre existence est prolongée, et — la rosée des bénédictions du ciel vous inonde. — La puissante Vénus a rehaussé son autel, — en vous donnant celle que vous