Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/57

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II

Dans le courant de l’année 1608, le libraire Thomas Pavier, — le même qui, en 1600, avait publié l’esquisse de Henry V et qui en 1619 devait éditer, sous leur forme primitive, la seconde et la troisième partie de Henry VI, — mit en vente un petit volume in-quarto de seize pages, portant ce titre : A Yorkshire Tragedy. Not so new as lamentable and true. Acted by his maiesties Players at the Globe. Written by W. Shakespeare. — Une Tragédie dans l’Yorkshire. Moins neuve que lamentable et vraie. Jouée par les comédiens de Sa Majesté au Globe. Écrite par W. Shakespeare. — Cette publication, faite au centre de Londres, sous le nom de Shakespeare et du vivant de Shakespeare, était-elle une opération équivoque ou suspecte ? Était-ce une spéculation coupable ayant pour but d’allécher le public par l’appât d’un nom glorieux indignement attaché à un opuscule infime ? Pour que nul ne pût l’accuser de fraude ou d’imposture, le libraire Pavier s’était mis en règle avec la loi ; il s’était rendu le 2 mai 1608 au Stationers’Hall, et là, sur le registre officiel, il avait fait consigner son droit de publication par une mention parfaitement explicite.

Thomas Pavier. À Book the Yorkshire
Tragedie, Written by Wylliam
Shakespere
.

Donc, plus de doute. L’acte était complètement légal et loyal. Pavier avait dûment acquis le droit de publier une Tragédie dans l’Yorkshire, avec le nom de Shakespeare, et Shakespeare était officiellement désigné comme l’auteur de cette pièce qui d’ailleurs avait été jouée publiquement par