Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/91

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BASSIANUS.

— Marcus Andronicus, je me fie — à ta droiture et à ton intégrité, — et j’ai tant de sympathie, tant de respect pour toi et pour les tiens, — pour ton noble frère Titus et pour ses fils, — pour celle devant qui ma pensée s’humilie, — pour la gracieuse Lavinia, le riche ornement de Rome, — que je veux ici même congédier mes fidèles amis, — et confier ma cause à ma fortune et à la faveur du peuple, — pour qu’elle soit pesée dans la balance.

Les partisans de Bassianus sortent.

SATURNINUS.

— Amis, qui avez été si zélés pour mes droits, — je vous remercie tous et vous congédie, — et je confie mon existence, ma personne et ma cause — à l’amour et à la bienveillance de mon pays.

Les partisans de Saturninus sortent.

— Rome, sois aussi juste, aussi gracieuse pour moi — que je suis confiant et affectueux envers toi !… — Ouvrez les portes et laissez-moi entrer.


BASSIANUS.

— Tribuns ! et moi aussi, humble candidat !

Fanfares. Bassianus et Saturninus se retirent dans le Capitole avec le Sénat.
Entre un capitaine, entouré de la foule.

LE CAPITAINE.

— Romains, faites place. Le brave Andronicus, — le patron de la vertu, le meilleur champion de Rome, — heureux dans toutes les batailles qu’il livre, — est revenu, sous l’égide de la gloire et de la fortune, — de la guerre où il a circonscrit de son épée — et mis sous le joug les ennemis de Rome.