Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/97

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LUCIUS.

— Présomptueux Saturninus, qui interromps le magnanime Titus, — quand il veut ton bien !


TITUS.

— Contiens-toi, prince ; je te rendrai — les cœurs des peuples, dussé-je les détacher d’eux-mêmes.


BASSIANUS.

— Andronicus, je ne te flatte point, — mais je t’honore, et je t’honorerai jusqu’à ma mort. — Si tu veux fortifier mon parti de tes amis, — je t’en serai profondément reconnaissant, et la reconnaissance, pour les hommes — à l’âme généreuse, est une noble récompense.


TITUS.

— Peuple de Rome, et vous, tribuns du peuple, — je vous demande vos voix et vos suffrages ; — voulez-vous les confier amicalement à Andronicus ?


UN TRIBUN.

— Pour complaire au bon Andronicus, — et pour célébrer son heureux retour à Rome, — le peuple consent à accepter celui qu’il désignera.


TITUS.

— Tribuns, je vous remercie, et je demande — que vous élisiez le fils aîné de votre empereur, — le seigneur Saturninus, dont j’espère que les vertus — rayonneront sur Rome, comme Titan sur la terre, — et mûriront la justice en cette république ; — si donc vous voulez élire qui je désigne, — couronnez-le et criez : Vive notre empereur !


MARCUS.

— Par la voix et aux acclamations de toutes les classes, — des patriciens et des plébéiens, nous créons — le seigneur Saturninus empereur suprême de Rome, — et nous crions : Vive Saturninus, notre empereur !

Longue fanfare.