Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 2.djvu/163

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SCÈNE I.

[Londres. La salle du trône dans le palais.]
Fanfare. Entrent le roi Édouard et sa suite ; le prince de Galles, Warwick, Derby, Audley, Artois, et autres.

ÉDOUARD.

— Robert d’Artois, quoique tu sois banni — de France, tu garderas chez nous — une aussi haute seigneurie que dans ton pays natal ; — car nous te créons céans comte de Richmond. — Et maintenant poursuis notre généalogie : — qui succéda à Philippe-le-Bel ?


ARTOIS.

— Ses trois fils qui tous, successivement — s’assirent sur le trône royal de leur père, — mais moururent sans laisser de postérité.


ÉDOUARD.

— Mais ma mère n’était-elle pas leur sœur ?


ARTOIS.

— En effet, milord, Isabelle — était la fille unique de Philippe ; — et c’est elle que votre père prit pour femme. — Du jardin embaumé de son sein — vous naquîtes, vous, la gracieuse fleur attendue de l’Europe, — vous, le légitime héritier de la France ! — Mais remarquez la rancune des esprits rebelles. — Quand la liguée de Philippe fut éteinte, — les Français voilèrent les droits de votre mère ; — et, bien qu’elle fût la plus proche par le sang, ils proclamèrent — Jean, de la maison de Valois, aujourd’hui leur roi. — La raison