Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 2.djvu/164

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alléguée par eux était que le royaume de France, — étant rempli de princes grands feudataires, — ne doit admettre pour son gouverneur — que l’héritier de la ligne masculine ; — et voilà le fondement spécial du dédain — avec lequel ils s’étudient à exclure votre grâce ; — mais ils reconnaîtront que ce fondement factice — n’est qu’un amas poudreux de sable mouvant. — Peut-être trouvera-t-on odieux — que, moi, un Français, je fasse une pareille confession ; — mais, je prends le ciel à témoin de ma déclaration, — ce n’est pas la haine, ce n’est pas un ressentiment personnel, — mais l’amour de mon pays et du droit — qui provoque ma langue à cette prodigalité d’aveux : — vous êtes le gardien légitime de notre repos, — et Jean de Valois ne s’est élevé que par une usurpation : — Quel est donc le devoir des sujets, sinon de saluer leurs rois ? — Ah ! notre loyauté peut-elle mieux se manifester — qu’en s’efforçant d’abattre l’orgueil d’un tyran — pour installer le vrai pasteur de notre république ?


ÉDOUARD.

— Ce conseil, Artois ; comme une pluie féconde, — a donné force à ma dignité. — Grâce à la brûlante énergie de tes paroles, — je sens l’ardent courage naître dans mon cœur ; — jusqu’ici il était comprimé par l’ignorance, — mais maintenant il s’élève sur les ailes d’or de la gloire, — et il prouvera que le fils de la noble Isabelle — est capable de faire plier sous un joug d’acier les épaules rebelles — qui résistent à ma souveraineté en France.

Fanfare de cor.

— Un messager ?… Lord Audley, sachez de quelle part.

Audley sort et revient.

AUDLEY.

— Le duc de Lorraine, ayant passé la mer ; — sollicite un entretien avec votre altesse.