Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 2.djvu/263

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SCÈNE I.

[Feversham. Chez maître Arden.]
Entrent Arden et Francklin.

FRANCKLIN.

— Arden, reprends courage et ne te laisse plus abattre. — Mon gracieux lord, le duc de Somerset, — t’a pleinement concédé, à toi et à tes héritiers, — par lettres patentes de sa majesté, — toutes les terres de l’abbaye de Feversham. — Voici les actes scellés et signés de son nom et de celui du roi. — Lis-les, et laisse là cette humeur mélancolique.


ARDEN.

— Francklin, ton affection soutient ma lourde existence. — Sans toi, combien me serait odieuse cette vie — qui ne m’offre rien que des tourments pour mon âme, — et que de tristes objets qui offensent mes regards ! — Je serais tenté de souhaiter qu’au lieu de ce voile céleste — la terre pesât sur ma tête et me recouvrît. — Des lettres d’amour ont été échangées entre Mosby et ma femme, — et ils ont en ville des rendez-vous secrets. — J’ai même aperçu au doigt de cet homme l’anneau — qu’elle avait reçu du prêtre le jour de notre mariage. — Est-il une douleur qui approche de celle-là ?