Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1863, tome 4.djvu/350

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ANTIGONE.—Je jure de le faire, quoiqu’une mort présente eût été plus miséricordieuse. Allons, viens, pauvre enfant ; que quelque puissant esprit inspire aux vautours et aux corbeaux de te servir de nourrices ! On dit que les loups et les ours ont quelquefois dépouillé leur férocité pour remplir de semblables offices de pitié. Seigneur, puissiez-vous être plus heureux que cette action ne le mérite ! Et toi, pauvre petite, condamnée à périr, que la bénédiction du ciel, se déclarant contre cette cruauté, combatte pour toi !

(Il sort, emportant l’enfant.)

LÉONTES.—Non, je ne veux point élever la progéniture d’un autre.

(Entre un serviteur.)

LE SERVITEUR.—Sous le bon plaisir de Votre Majesté, les députés que vous avez envoyés consulter l’oracle sont revenus depuis une heure. Cléomène et Dion sont arrivés heureusement de Delphes ; ils sont tous les deux débarqués, et ils se hâtent pour arriver à la cour.

UN SEIGNEUR.—Vous conviendrez, seigneur, qu’ils ont fait une incroyable diligence.

LÉONTES.—Il y a vingt-trois jours qu’ils sont absents ; c’est une grande célérité ; elle nous présage que le grand Apollon aura voulu manifester sur-le-champ la vérité. Préparez-vous, seigneurs ; convoquez un conseil où nous puissions faire paraître notre déloyale épouse ; car, comme elle a été accusée publiquement, son procès se fera publiquement et avec justice. Tant qu’elle respirera, mon cœur sera pour moi un fardeau. Laissez-moi, et songez à exécuter mes ordres.

(Tous sortent.)


FIN DU DEUXIÈME ACTE.