Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1863, tome 4.djvu/378

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qu’une chemise est un ange, il chante les poignets et toute la broderie du jabot.

LE FILS DU BERGER.—Je t’en prie, amène-le-nous, et qu’il s’avance en chantant.

PERDITA.—Avertissez-le d’avance de ne pas se servir de mots inconvenants dans ses airs.

LE FILS DU BERGER.—Vous avez de ces colporteurs qui sont tout autre chose que ce que vous pourriez croire, ma soeur.

PERDITA.—Oui, mon cher frère, ou que je n’ai envie de le savoir.

AUTOLYCUS s’avance en chantant.

Du linon aussi blanc que la neige,

Du crêpe noir comme le corbeau,

Des gants parfumés comme les roses de Damas,

Des masques pour la figure et pour le nez,

Des bracelets de verre, des colliers d’ambre,

Des parfums pour la chambre des dames,

Des coiffes dorées et des devants de corsages

Dont les garçons peuvent faire présent à leurs belles,

Des épingles et des agrafes d’acier,

Tout ce qu’il faut aux jeunes filles, des pieds à la tête.

Venez, achetez-moi ; allons, venez acheter, venez acheter,

Achetez, jeunes gens, ou vos jeunes filles se plaindront.

Venez acheter, etc.

LE FILS DU BERGER.—Si je n’étais pas amoureux de Mopsa, tu n’aurais pas un sou de moi ; mais, étant captivé comme je le suis, cela entraînera aussi la captivité de quelques rubans et de quelques paires de gants.

MOPSA.—On me les avait promis pour la fête, mais ils ne viendront pas encore trop tard à présent.

DORCAS.—Il vous a promis plus que cela, ou bien il y a des menteurs.

MOPSA.—Il vous a payé plus qu’il ne vous a promis, peut-être même davantage, et ce que vous rougiriez de lui rendre.

LE FILS DU BERGER.—Est-ce qu’il n’y a plus de retenue parmi nos jeunes filles ? Porteront-elles leurs jupes là où on devrait voir leurs visages ? N’avez-vous pas l’heure d’aller