Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1863, tome 4.djvu/409

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attendrait sa réponse : c’est là qu’ils sont tous allés avec l’ardeur de l’affection, et ils se proposent d’y souper.

SECOND GENTILHOMME.—Je m’étais toujours imaginé qu’elle avait là quelque grande affaire en main, car, depuis la mort d’Hermione, elle ne manquait jamais d’aller deux ou trois fois par jour visiter cette maison écartée. Irons-nous les y trouver et nous associer à la joie commune ?

PREMIER GENTILHOMME.—Et quel est celui qui, jouissant de la faveur d’y être admis, voudrait s’en priver ? A chaque clin d’œil, nouvelle découverte et nouveau plaisir. Notre absence nous fait perdre des connaissances précieuses. Partons[1].

(Ils sortent.)

AUTOLYCUS.—C’est maintenant, si je n’avais pas contre moi les torts de mon ancienne conduite, que les honneurs pleuvraient sur ma tête ! C’est moi qui ai conduit le vieillard et son fils à bord du navire du prince, qui lui ai dit que je leur avais entendu parler d’un paquet et de je ne savais pas quoi, mais il était alors enivré de son amour pour la fille du berger (comme il la croyait alors), qui commençait à avoir cruellement le mal de mer ; et lui-même ne se sentait guère mieux par la tempête qui continuait toujours ; ce mystère est ainsi demeuré sans être découvert. Mais cela m’est égal ; car quand j’aurais trouvé ce secret, il ne m’aurait pas été d’un grand avantage, au milieu des autres raisons qui me discréditent. (Entrent le berger et son fils.) Voici ceux à qui j’ai fait du bien, contre mon intention, et qui paraissent déjà dans la fleur de leur fortune.

LE BERGER.—Viens, mon garçon : j’ai passé l’âge d’avoir des enfants, mais tes fils et tes filles naîtront tous gentilshommes.

LE FILS, à Autolycus.—Je suis bien aise de vous rencontrer, monsieur. Vous avez refusé de tous battre avec

  1. On voit que Shakspeare était ici pressé de terminer ; la scène aurait été complète, si ce qui se passe en récit avait été mis en action. Segniùs irritant animos demissa per aurem, etc.