Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 1.djvu/104

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MARCELLUS.

Holà ! Bernardo !

DEUXIÈME SENTINELLE.

Réponds. — Est-ce Horatio qui est là ?

HORATIO.

Un peu.

DEUXIÈME SENTINELLE.

Bienvenu, Horatio ! bienvenu, bon Marcellus.

MARCELLUS.

Eh bien, cet être a-t-il reparu cette nuit ?

DEUXIÈME SENTINELLE.

Je n’ai rien vu.

MARCELLUS.

Horatio dit que c’est uniquement notre imagination, — et il ne veut pas se laisser prendre par la croyance — à cette terrible apparition que deux fois nous avons vue. — Voilà pourquoi je l’ai pressé de faire avec nous — cette nuit une veillée minutieuse, — afin que, si la vision revient encore, — il puisse confirmer nos regards et lui parler.

HORATIO.

Bah ! il ne paraîtra rien.

DEUXIÈME SENTINELLE.

Asseyez-vous, je vous prie, que nous rebattions encore une fois — vos oreilles, si bien fortifiées, — du récit de ce que nous avons vu deux nuits.

HORATIO.

Soit ! Asseyons-nous, — et écoutons ce que Bernardo va nous en dire.

DEUXIÈME SENTINELLE.

C’était justement la nuit dernière, — alors que cette étoile, là-bas qui va du pôle vers l’ouest, — avait terminé son cours pour — illuminer cette partie du ciel où elle flamboie maintenant. — La cloche tintait alors une heure.