Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 1.djvu/329

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voiliers que lui, nous avons déployé la hardiesse du désespoir. Le grappin a été jeté et je suis monté à l’abordage ; tout à coup leur navire s’est dégagé du nôtre, et seul, ainsi, je suis resté leur prisonnier. Ils ont agi avec moi en bandits miséricordieux, mais ils savaient ce qu’ils faisaient : je suis destiné à leur être d’un bon rapport. Fais parvenir au roi les lettres que je lui envoie, et viens me rejoindre aussi vite que si tu fuyais la mort. J’ai à te dire à l’oreille des paroles qui te rendront muet ; pourtant elles seront encore trop faibles pour le calibre de la vérité. Ces braves gens te conduiront où je suis. Rosencrantz et Guildenstern continuent leur route vers l’Angleterre. J’ai beaucoup à te parler sur leur compte. Adieu ! Celui que tu sais être à toi,

Hamlet. »

— Venez, je vais vous donner le moyen de remettre ces lettres, — et dépêchez-vous, pour que vous puissiez me conduire plus vite — vers celui de qui vous les tenez.

Ils sortent.



Scène XVIII

[Dans le château.]


Entrent le Roi et Laertes.



LE ROI

— Maintenant il faut que votre conscience scelle mon acquittement, — et que vous m’inscriviez dans votre cœur comme ami, — puisque vous savez par des renseignements certains — que celui qui a tué votre noble père — en voulait à ma vie.