Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 2.djvu/210

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CALIBAN

— Vous m’avez appris votre langage : et le profit que j’en ai — est de savoir maudire. Que la peste rouge vous emporte, — pour m’avoir appris votre langue !


PROSPERO

Graine de sorcière, hors d’ici ! — va nous chercher du combustible ; et dépêche-toi, tu feras bien, — pour venir prendre d’autres ordres… Tu hausses les épaules, coquin ? — Si tu négliges ou si tu fais de mauvaise grâce — ce que je commande, je te disloquerai avec de vieilles crampes, — je remplirai tous tes os de douleurs ; je te ferai hurler — au point que les bêtes trembleront à tes cris.


CALIBAN

Non ! je t’en prie !

À part.

— Il faut obéir. Son art est si puissant — qu’il pourrait soumettre le dieu de ma mère, Setebos (19), — et en faire un vassal.


PROSPERO

Allons, hors d’ici, esclave !

Caliban sort.
Rentre Ariel, invisible, jouant de la musique et chantant. Ferdinand le suit.



ARIEL, chantant

Venez sur ces sables jaunes,
Et puis prenez-vous les mains.
Quand vous vous serez salués et baisés
Dans le silence des vagues sauvages,
Gambadez lestement çà et là ;
Et, doux esprits, entonnez le refrain.
Chut ! chut !