Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 2.djvu/273

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rapidement. — De même que le matin, empiétant sur la nuit, — en dissout les ténèbres, ainsi la raison qui s’élève — commence à chasser les fumées ignorantes qui couvrent — les clartés de leur jugement. Ô mon bon Gonzalo, — mon vrai sauveur, loyal supérieur — de celui que tu sers, je veux payer — tes bienfaits de retour, en parole et en action. Tu as été — bien cruel pour moi et pour ma fille, Alonso. — Ton frère a été ton complice dans l’acte : — te voilà puni pour cela, Sébastien.

À Antonio.

Vous, ma chair et mon sang ! — vous, mon frère, qui avez choyé l’ambition, — en repoussant le remords et la nature ; vous qui, d’accord avec Sébastien, — que torturent en conséquence les morsures intérieures, — avez voulu tuer votre roi… je te pardonne, si dénaturé que tu sois !… Leur intelligence — commence à se soulever, et la marée montante — va bientôt couvrir les bords de leur raison, — encombrés encore d’une fange hideuse. Jusqu’ici pas un — qui m’ait regardé ou reconnu. Ariel, — va me chercher mon chapeau et ma rapière dans ma grotte.

Ariel sort.

— Je vais quitter ce costume et me présenter — tel qu’était jadis le duc de Milan.

Appelant. Ariel.

Vite, esprit ! — avant peu, tu seras libre.


Ariel revient et aide Prospero à s’habiller.



ARIEL, chantant

Où suce l’abeille, je suce, moi !
J’ai pour lit la clochette d’une primevère :
Je m’y couche quand les hiboux crient.
Je m’envole sur le dos d’une chauve-souris,
À la suite de l’été, gaiement.